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Chers frères et sœurs de la communauté chrétienne de Trets, Puyloubier, Rousset et Peynier, Hier soir a été annoncé par le Conseil d ‘Etat, le rejet du référé contre l’interdiction des messes. Plusieurs évêques, dont Mgr. Dufour, des associations catholiques, une pétition avaient déposé ce recours. J’ai attendu d’en connaître la réponse avant de vous envoyer, ce matin dimanche, un premier message pour ce second confinement. L’impossibilité de ne pouvoir encore se rassembler pour célébrer l’Eucharistie, est une déception et une tristesse, encore une…!
Dimanche dernier nous avons fêté la TOUSSAINT, la participation des fidèles à ces cérémonies, a été particulièrement importante, et j’ai pu me réjouir, non seulement du nombre des fidèles, mais surtout de la grande ferveur manifestée. Cette Toussaint a revêtu un ton pascal très fort : grande tristesse, mêlée d’une inquiétude palpable et compréhensive au lendemain de l’attentat dans la basilique Notre Dame de Nice, où 3 chrétiens, humbles simples priants, ont été assassinés pour le seul fait d’être catholiques. Dans l’immense cortège de la longue litanie des saints, canonisés ou pas, voici que leur mort tragique les fait surgir, dans notre Eglise d’aujourd’hui et de chez nous, comme les témoins actuels de la foi, la foi discrète et quotidienne des ces saints que le pape François nomme : « Les saints de la porte d’à côté. » Toussaint pascale, puisque en ce jour furent liés les blessures impitoyables de la mort violente de disciples du Christ et la résurrection du Christ célébrée dans son Eucharistie.
Nous voici ensemble, c’est à dire nul n’étant retiré dans son coin, sur une route qui devient chaotique et incertaine, inquiétante et dangereuse. La route sur laquelle se trouve notre société toute entière,….sans trop savoir ou elle va…quelle direction il va falloir prendre, si le climat météo se réchauffe, le climat social se dégrade, nous sommes pris tous ensemble dans des turbulences graves et douloureuses. Un corps social est comme un corps physique, pour affronter le présent et l’avenir, il lui faut autant que possible se maintenir en bonne santé. Notre vie sociale est bien malade, notre Eglise est en grande fragilité…! Et ce n’est vraiment pas le moment de s’occuper à des histoires de cuisine, de café du commerce, ou de sacristie….Relisons ce dimanche le texte magnifique du livre de la Sagesse, oui de la SAGESSE :
« La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première. Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas, il la trouvera assise à sa porte. Penser à elle est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci. Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre ».
Magnifique figure de la Sagesse divine…..présence discrète et si réelle, mais présence humble qui se dévoile et se manifeste à ceux qui la cherche, qui en ont faim et soif, c’est à dire qui ouvrent à sa présence leur cœur et leur esprit, cette Sagesse ne tombe pas du ciel, elle n’est ni immédiate et superficielle, ni évidente et facile…mais le fruit du désir profond, de la recherche incessante, de la marche tâtonnante….Mais elle nous devance….et vient à notre rencontre….et vous avez bien lu, n’est ce pas , celui qui la cherche pour la trouver, doit le matin ouvrir sa porte et prendre la route….la Sagesse est assise sur son pas de porte….et peut se manifeste « souriante » au détour du chemin….la désirer….vouloir la rencontrer….SORTIR DE SOI et de toutes ses sois – disant raisons de ne pas se quitter soi-même par peur de sortir….et marcher…avancer…Les chrétiens ne sont pas des gens installés et fixés, bien assis sur leur certitudes….. D’ailleurs relisons la parabole des dix jeunes filles, évangile de ce dimanche….dans quel groupe je me trouve…?..insouciant…imprévoyant….à voir! ….endormi…surement…. c’est la nuit…nuit sombre de notre actualité…nuit de crainte…d’inquiétude…que va encore nous apporter de drame le jour qui vient….quelle crise nouvelle va encore surgir….et quelle lassitude.. ne vaut-il pas mieux s’assoupir et laisser passer l’orage..?.. Alors, selon l’évangile le réveil peut être brutal…: « Un cri retentit… »! L’huile prévue des jeunes filles prévoyantes signifie leur désir, leur attente, leur espérance…(et il en faut une bonne réserve actuellement) ..car même assoupies leur cœur veille et dès que l’époux frappe à la porte…elles sortent et trouvent « la Sagesse assise à la porte de la maison », le Christ, Sagesse éternelle de Dieu.
Frères et sœurs, temps de confinement oui, temps d’enfermement non, ni vis à vis de Dieu et encore moins vis à vis des autres. Le livre de la Sagesse et l’évangile de ce dimanche nous invitent à vivre ensemble et en même temps, si ce n’est dans le rassemblement physique de la messe, en tout cas dans la communion intérieure, qui n’est pas une solitude, mais le creuset intime où Jésus, Seigneur et époux, vient verser les huiles essentielles, celles des jeunes filles sages, justement « sages », huiles de l’espérance et du désir, de la consolation et de la force, de la paix et de la joie. Pour se faire allez aux sources de ces huiles essentielles : la prière….la méditation de la Parole de Dieu, l’attention aux autres… Je reprends ici la dernière phrase de l’épitre de ce dimanche (Lettre de Paul aux Thessaloniciens) : « Réconfortez-vous les uns les autres avec ce que je viens de dire ». Bon dimanche, bonne semaine, et en espérant pourvoir bientôt sortir de nos maisons et venir à L’Eucharistie dominicale, puisque c’est la que « La sagesse à dresser une table…elle invite au banquet…les pauvres mangeront à la table du Seigneur ». Michel Pierre Morin, curé |